Université Grenoble-Alpes : le vote du CA du 6 mai sera décisif !

Le 6 mai, le conseil d’administration de l’Université de Savoie doit émettre un vote crucial sur l’avenir de notre établissement, puisqu’il devra décider s’il accepte ou non de voter la « lettre d’orientation » qui l’engage à entrer dans la COMUE (Communauté d’Etablissements) « Université Grenoble-Alpes » (UGA) qui regrouperait les trois universités fusionnées de Grenoble, l’INPG, le CNRS, l’INRIA et l’UDS.
Selon la lettre d’orientation (voir http://snesup-univ-savoie.fr/blog/wp-content/uploads/2014/04/Texte-stratégique-UGAS.pdf), cette COMUE constituerait « une Université fédérale » qui disposera de son propre CA et a le statut d’EPSCP. Son intégration est donc bien plus poussée que l’ancien PRES, d’autant que la lettre d’orientation propose de supprimer le droit de veto dont disposaient les présidents.

Des transferts de compétences importants

Surtout, la COMUE se voit confier de nouveaux et importants pouvoirs. Afin de pouvoir porter un nouveau projet d’IDEX, la COMUE a mis en place des « pôles de recherche », composantes disposant de leurs propres instances, auxquels seront transférés la quasi-totalité des pouvoirs des conseils scientifiques (répartition des moyens financiers et humains des laboratoires, gestion des appels à projet, des CRCT et des délégations etc.). En matière de formation, elle vise à créer « une innovation de rupture » qui passera en particulier par la mise en place d’« une offre ambitieuse de formation pluridisciplinaire, attractive, simplifiée et riche des complémentarités du site ».

UGA ou l’usine à Gaz

Pour son fonctionnement, cette nouvelle Université Grenoble-Alpes devra donc se doter une trentaine de conseils et de comités nouveaux, qui se superposeront donc aux actuels conseils des universités, des composantes et des laboratoires. A son sommet, ce nouveau millefeuille bureaucratique sera dirigé par un CA de 43 membres, dont moins du tiers seront des représentants élus des enseignants et enseignants-chercheurs.

Université Grenoble-Alpes-Savoie ? Non, Université Grenoble-Alpes !

Enfin, on notera que si le nom officiel de la COMUE est « Université de Grenoble-Alpes-Savoie », la lettre d’orientation précise que son nom d’usage sera bien celui « d’Université de Grenoble-Alpes ». La lettre d’orientation précise qu’« il revient à la COMUE de prendre pleinement en compte l’ensemble des territoires », mais c’est pour aussitôt mettre l’Université de Savoie sur le même plan que l’antenne universitaire de Valence, ce qui en dit long sur la considération que les initiateurs de la COMUE ont pour notre établissement.

Entrer dans la COMUE s’est s’engager vers la fusion

La conclusion s’impose : comme en témoigne la lettre d’orientation, la COMUE ne constitue qu’une nouvelle variante de « l’Université Grenoble-Alpes », dans laquelle la précédente équipe présidentielle voulait intégrer l’Université de Savoie. D. Varaschin lui-même le soulignait d’ailleurs, lors du CA du 19 novembre 2013, en expliquant que « Grenoble-INP sait parfaitement [...] que s’il entre dans la COMUE c’est pour fusionner un jour. »
En toute cohérence, nous pouvons donc espérer que l’actuelle équipe et les conseillers de la liste TSR resteront cohérents avec leurs engagements et s’opposeront donc à la dissolution annoncée de l’Université de Savoie dans l’Université Grenoble-Alpes.

Avec l’ensemble des autres élus des listes ESPER, le SNESup-FSU souligne qu’il n’y a rien à gagner pour les personnels, pour nos étudiants et pour nos territoires, à entrer dans l’Université de Grenoble-Alpes. Nous appelons donc le conseil d’administration à rejeter cette perspective, ce qui amènerait la présidence de notre Université à négocier, selon les termes de la loi, un contrat d’association à la COMUE que nous voulons le moins engageant possible pour notre établissement.

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