DECLARATION COMMUNE DES ORGANISATIONS SYNDICALES AUX MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’UNIVERSITE DE SAVOIE

Le président de l’université de Savoie a convoqué le comité technique, en réunion extraordinaire, vendredi 11 avril 2014, afin qu’il se prononce sur la question de la structuration du site de l’académie de Grenoble et, par voie de conséquence, sur l’accord que le comité technique pourrait donner à l’équipe présidentielle à poursuivre la négociation avec les établissements de Grenoble.

La discussion a porté sur le document d’orientation rédigé par les établissements membres de l’ancien PRES « Université de Grenoble ».

Ce document comporte quatre volets :

  • il rappelle les valeurs et les ambitions qui animent les établissements du site universitaire « Grenoble Alpes » ;
  • il décrit le cadre de gouvernance de la structuration institutionnelle proposée ;
  • il fixe les grandes lignes autour desquelles seront organisés, d’une part le pilotage scientifique à l’aide de grands pôles de recherche et, d’autre part, la formation et la vie étudiante ;
  • il énumère les conditions de réalisation de ces changements, en particulier du point de vue de la politique sociale et de la méthode de concertation avec les personnels.

Ce texte d’orientation nous a paru particulièrement orienté vers la formule de la communauté d’établissements, ne laissant pratiquement aucune liberté de choix d’autres options de structuration pourtant prévues par la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche. La structuration proposée s’articule ainsi autour de :

  • la fusion entre les universités grenobloises ;
  • la création de pôles de recherches, composantes de la COMUE et y jouant un rôle central ;
  • la création d’une communauté d’établissements (COMUE), rassemblant un nombre limité d’établissements, et qui pourrait comprendre l’université de Savoie ;
  • de possibles associations, « privilégiées » ou non.

Les trois organisations syndicales, FERC-CGT, FSU et UNSA-Education, siégeant au comité technique, ont fait une analyse critique de ce projet et leurs conclusions sont identiques.

  • Le nom d’usage de la COMUE « université Grenoble – Alpes » (UGA), même si le projet affirme un attachement aux territoires, ne respecte pas l’identité particulière de l’université de Savoie en focalisant l’identification de la COMUE sur le seul site de Grenoble ;
  • La structuration, telle qu’elle est envisagée, implique la création d’un nouvel établissement et crée un empilement structurel d’instances dont les compétences s’entremêlent et se recouvrent, non seulement celles propres à la COMUE (conseil d’administration, conseil des membres, conseil stratégique) mais aussi celles propres aux établissements la composant, sans oublier de celles des pôles de recherche ;
  • L’hyperconcentration de la recherche en pôles constitués en entités spécifiques, composantes de la COMUE, comportant leurs propres instances internes et héritant de quasiment l’ensemble des compétences des conseils académiques introduit une complexification des procédures et des processus de prise de décision en contradiction avec l’impérative simplicité et fluidité des structures de gouvernances et des activités en réseaux pourtant invoquées ;
  • L’incertitude du montage structurel de la COMUE et de son mode supposé de fonctionnement présente un risque fort de dilution des forces et des atouts de l’université de Savoie dans un ensemble mal défini et centralisateur qui la conduirait à perdre en pratique ce qui lui reste de son autonomie.

Pour ces raisons, les trois organisations syndicales, FERC-CGT, FSU et UNSA-Education se sont unanimement prononcées contre ce projet de COMUE.

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